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Mars500
Adaptation psychologique à un confinement de très longue durée


2010-2012

samedi 24 août 2013, par Amaury Solignac

L’objectif de cette étude était d’explorer la période mal connue du retour chez soi, et l’adaptation psychologique des participants après une simulation de très longue durée, dans la perspective des vols spatiaux de longue durée et/ou de longue distance.

Les données sur ce thème restent anecdotiques et demandent une investigation plus systématique.

Les résultats de cette étude seront utiles pour mieux préparer le retour des participants de futurs missions au-delà de l’orbite terrestre, et pour les missions actuelles menées à bord de l’ISS.

Lorsque de futures missions vers la Lune, Mars, des astéroïdes ou encore des points de Lagrange sont envisagées, l’accent est naturellement placé sur la sélection et la préparation psychologique des équipes, moins souvent sur ce qui peut intervenir après la mission. Pourtant, l’exemple des missions Apollo montre que cette expérience de l’après-mission n’est pas neutre, et peut même induire des changements importants pour certains, voire des épreuves.

Depuis la dernière mission lunaire habitée en 1972, aucun équipage n’a volé au-delà de l’orbite terrestre. Si la distance est restée faible, ce n’est pas le cas de la durée. Les missions actuelles à bord de la station spatiale internationale (ISS) durent 6 mois, et une mission d’un an est même prévue pour 2015. Depuis les missions soviétiques record des années 1980 et 1990 (jusqu’à 15 mois consécutifs dans l’espace), c’est la première fois que de telles durées sont à nouveau envisagées.

Les données de cette étude ont été récoltées en français, anglais et russe par Amaury Solignac, docteur en psychologie, au cours d’entretiens individuels avec chacun des 6 participants de la mission Mars500, avant et après leur confinement de 17 mois dans un simulateur hermétique : quelques jour avant leur entrée dans le simulateur, quelques jours après leur sortie, 3 mois après leur sortie, et enfin 7 mois après leur sortie. Deux questionnaires ont également été remplis par ces participants sept mois après leur sortie du simulateur.

Ces données, dont l’analyse est en cours, ont été récoltées entre 2010 et 2012 avec le concours du Dr Vadim Gushin et d’Anna Yusupova de l’Institute for Biomedical Problems de Moscou (IBMP), d’Elena Feichtinger (ESA), et du Pr Peter Suedfeld (UBC, Canada).

Mars500 sur le site de l’IBMP


Cette recherche, entamée au sein du Laboratoire de Psychologie Appliquée de l’Université de Reims et poursuivie au sein d’ICEBERG, a été financée par le CNES. Elle fait partie de la proposition scientifique validée par l’ESA : "Adaptation, group structure and communications of confined and isolated crews" (PI Pr Karine Weiss).